15.06.2008
GIVEROLA 2008
Comme l'an dernier, on commence par ce qui fâche et ensuite on passe à ce qui réjouit : Après avoir vainement essayé l'an dernier, cette fois Véro a réussi à faire croire à Sylvain qu'elle allait tellement s'ennuyer sans lui (le pauvre comme il va déchanter après 20 ans de vie commune ! au moins Marc, lui il a compris sans faire 20 ans ! Hein Marc !) Donc la gourgandine nous a séquestré notre héros, ce dernier prétextant des Schmerzen (Die Schmerzen = des douleurs, pour qui ne maîtrise pas comme moi avec un art consommé, la langue de Goehte) dans le dos! Pourtant c'est pas pire que des papillons dans le ventre !
C'est donc à 4 que l'on entame le voyage à Kerzers, Luc, Marc; Fabrice et votre scribouillard dévoué. Pas l'temps de s'ruper un paquet de chips que le contôleur annonce un arrêt à Bursin: (Note de la rédaction: la phrase suivante est à lire avec un accent Bernois a couper au couteau)
Näkrste HHHalt: "Boursine" füüüfi Minuten Schtopp !
Alors là mon gars, ton Goehte tu te le roules entre le pouce et l'index, t'y rajoute le tabac d'un Camel et un peu de libanais jaune et ça t'fais une bonne cigarette de haschich. Bonne parce que o'haschich o'haschich c'est bon c'est bon ! Ah! C'est clair que ça change du très polissé: "Meine Damen und Herren, wir treffen in Bursin ein" que l'on peu entendre dans les voitures feutrées des CFF ! (Note de la rédaction: l' expression o'haschich o'haschich etc.. est à lire en chantant sur la mélodie de la pub: oasis oasis c'est bon c'est bon. Pour d'évidentes raison marketing nous avons accepté cette version, non sans avoir rappelé à l'auteur qu'une lecture par trop ardue de son manuscrit ne retiendrait que les lecteurs habituels de Houellebecq et BHL)
Surprise! Entrent dans le car et s'installent au bar, l'attachée de presse de Giorgio Armani et la responsable des castings de Dolce Gabana. Si le fait qu'elles attaquent direct au gros rouge en rassure certains, convaincus qu'elles descendent à Giverola pour faire les repérages des shootings du prochain catalogue Spengler automne/hiver (si si ! celui là même dont on collait les pages à notre adolescence !), pour ma part, privilège de la sagesse due à mon grand âge, j'ai appris à me méfier des jolies filles sapées YSL dans un car de sportifs, comme des vieux cyclistes aux mollet rasés. La suite me prouvera que j'avais raison !
Arrivé à Giverola il fait si froid que l'on se dirait en Espagne en ibère.
Ce qui m'agace profondément chez toi lecteur passif, c'est ton manque de sagacité ! Mais fais un effort diantre, fichtre dieu, rigole au moins, mets les doigts dans la prise et alimente-moi ce processeur. Bon, t'es sympa alors celle-ci je te l'explique, mais tu me promets que si t'as pas compris après, tu t'inscris à un cours d'espagnol. Nos amis du pays de "Sancho pensa" ont la fâcheuse habitude de prononcer des "B" à la place des "V" et inversement. Alors maintenant tu me la relis: En Espagne en ibère. Voilààà… bien… tu vois quand tu veux ! Plus difficile maintenant: übung sexundzwanzig: "Aller à Berne à vélo boire une bière brune dans un grand verre". Ah Ah on fait moins le malin hein ? Pas si facile la langue de Serventes !
Giverola, donc. Prise des cantonnements et déjeuné. Déjeuner qui a failli mal commencer: primo, Marc se met d'entrée à dos le chef de rang de la salle des fêtes, croyant reconnaître en lui le chauffeur du car. Mais faut pas dire à un Hidalgo ténébreux chef de rang de son état, qu'il ressemble à un chauffeur de car (l'inverse est certainement vrai aussi), c'est une combine à se retrouver cloué en croix sur ta "bicycletas" con (con = avec en espagnol) un picador entre les côtes et les oreilles et la queue servis en entrée au buffet du soir à une bande de suisse allemand heureux. Secondo, un gras du bide au regard porcin assis trois tables derrière, a faillit nous faire bouffer notre bircher par les trous de nez parce qu'on lorgnait un peu la splendide créature qui lui servait de compagne et dont la mammoplastie est une admirable carte de visite pour la clinique La Prairie.
Appel à 1330 en tenue d'ex et départ pour une reconnaissance de 35 kils le long des criques jusqu'à San Felliù histoire de montrer à Fabrice et Marc qui sont du voyage pour la première fois, que si les habitants de la péninsule ont de bonnes dispositions pour la tortilla et la corrida, ils excellent dans la recette façon mère grand pour la confection du bitume (conditionné en pot de 500gr avec un coupon de tissu carolé rouge et blanc sur le couvercle).
Le soir venu on se fait une table de romands, soit 6, puisque Nicole et Elisabeth, les deux déléguées syndicales du C.A.R.E se joignent à nous pour partager les repas et notre bonne humeur. (Mais non banane, toi tu ris toujours à la mauvaise page, c'est pas lié au fait qu'elles étaient dans le car, c'est parce qu'elles sont venues là pour faire un stage course à pied et qu'elles font partie du Club Atléthique Région Est). A partir de là les choses vont se gâter pour nos abdominaux et nos zygomatiques, à commencer par ce moment mémorable où Fabrice s'enfonce inexorablement en cherchant à évaluer l'âge d'Elisabeth.
Le lendemain, force est de constater que Fabrice avait raison dans ses prévisons météo, le temps est au froid et gris. La petite mise en bouche de 122 kils se fait pour au moins 50 sous la pluie. Si Luccio et son frelot se la jouent début en douceur dans un groupe à 26 de moyenne max, Fab et moi on s'la pète en 28 et +, mais ça nous coûte… un peu !
Lundi: pluie pluie pluie. Luc nous la raconte schtroumpf dormeur, mais Marc Fab et moi on va taquiner le 34/25 dans le San Grau sous la pluie et les yeux éberlués de nos amis d'outre Sarine qui n'y croient pas de voir ces Welsches rouler dans ces conditions.
Mardi c'est au tour de Marc de faire la journée au Dormicum et Fabrice de faire les boutiques à Barcelone, comme valet porteur des sacs de Nicole et Elisabeth qui ont décidé de s'exploser la Visa. Pour qu'il ait l'air à la hauteur on a piqué la casquette du gardien de nuit, mais il a pas voulu la mettre. Tant pis pour eux car avec Luc on se fait la plus belle sortie de la semaine à Santa Pelaya, en tout cas pour ce qui est de la météo: soleil radieux. Sortie suivie d'un ratatinage de glaouis et d'une pénissiotomie. Traduisez: 2 minutes 13 dans l'eau glacée de la mer qu'on voit danser au fond des golfes claires… Ah! si Fredy…! (Note de la rédaction: celle là elle est bonne alors on la laisse, mais c'est pas sûr que tout le monde la comprenne. Des fois on aimerait bien être à vos côtés lors de la lecture afin de voir si vous riez ! Enfin bon, sachez que vous pouvez toujours faire un commentaire sur ce blog en indiquant ce qui vous a plu, fait rire, pleurer de rire, pipi aux culottes etc… ça fera plaisir à l'auteur qui est quand même un peu mégalo, faut bien l'dire ! en plus d'être nul et tordu ! Ah si! ça été dit ! tordu c'est un compliment mais nul… C'est noté, gravé dans l'marbre !)
Petites apartés avant de s'attaquer au gros du morceau. Au retour de ces magnifiques sorties, il a parfois fait quelques rayons de soleil qui réchauffèrent le fond de l'air permettant de se dorer la pilule sur un transat au bord de la piscine. Ceci non sans avoir été se faire branler la cellulite dans les jacuzzi au royaume d'Ali, enfin ce qui nous en reste parce qu'on commence à être taillés. Bref ceci pour dire que le jacuzzi chez Ali, c'est le b-a ba de la récup sportive, y a qu'a Verne (Berne prononcé à l'espagnol, voir le cours donné ci-dessus) à l'institut de médecine sportive qu'on fait mieux ! (Note de la rédaction: Si si, il a osé ! Ali Baba la caverne et tout le toutim, c'est pathétique au départ on pensait que c'était tellement téléphoné qu'il n'oserait tout de même pas… mais si !)
Luccio dans son sac à malice avait emmené avec lui une Slack Line. Alors là lecteur ignare, ça t'en bouche un coin, même que t'as passé ton First Certificat à l'école club Migros, celle là tu l'avais pas à ton répertoire, je le sais t'es comme tous les autres, tu uses régulièrement du Trend, Corporate, Assessment, Corp Business Leadership and so on.
Une Slack Line donc; simple sangle tissée à haute résistance de charge, régulièrement utilisée pour l'arrimage de matériaux des plus divers sur les ponts des camions, mieux connue sous le nom de fabrique: Spanset.
Hé! ouais on y revient, mais c'est pas parce qu'on est camionneur avec une Peugeot (Note de la rédaction: Peugeot nom commun utilisé dans les années 50 pour désigner une cigarette) au coin d'la gueule, un vieux Marcel bardé de taches de sueur et de gras qu'on peut pas aussi s'la pèter avec un ou deux mots d' British. Cette sangle tendue entre deux arbres permet à chacun de s'essayer au sens de l'équilibre, en faire la traversée défie les lois de la gravité; un ou deux essais furtifs pour Marc et moi, tandis que Fabrice s'y croche jour après jour et progresse rapidement, quand à Luc il possède une bonne longueur d'avance puisqu'il merde un peu sur le triple Axel au niveau de la réception.
Bien entendu on a pas loupé la séance photo lorsqu'on a vu Nicole et Elisabeth tester leur sens de l'équilibre. Faut dire que tordu comme je suis, j'ai profité de leur complète ignorance pour leur prodiguer des conseils parfaitement bidons, visant à les mettre dans des poses dont au sujet des quelles la couverture de PlayBoy est directement reléguée en ligue corporative. Photos disponibles dans la galerie Giverola 2008 et en agrandissement directement auprès de mon éditeur. A ce propos Luccio qui nous avait pourtant promis, a finalement feint d'oublier et à ce jour nous ne savons toujours pas: Nicole ! C'est du vrai? Ou…?!?
Voilà, ça c'est fait !
On passe donc au couillu d'la s'maine ! Les grands tours. 159 bornes le mercredi tous réuni dans le groupe de tête 28 et + avec Ueli notre chef de groupe, triathlète ironmaneu d'Hawaï par deux fois qui tourne les jambes comme les bielles du Montreux, navire amiral belle époque de la flotte de la CGN. Appuyé sur son guidon de triathlon, le vent n'a pas de prise sur son physique ni son moral. Nous lui décernons à l'unanimité du jury le titre très convoité de Wind Penetrator. Au retour dès le bas du col de Tossa, on se fait un relais tournant de 2 lignes de trois, puisque Yoggi nous accompagne et on s'bouffe les 12 kils jusqu'à Tossa à plus de 55 km/h. Ma-gni-fique un grand moment de cyclisme, un pur bonheur.
Le jeudi Romanya le classique tour de récup de 75 kils que l'on a le tord de toujours faire trop vite. Marc se la joue à la tête de cochon avec Ueli dans la montée, mais y a pas photo un schtaubirne entraîné n'a rien à craindre d'un Blonaysan au lourd passé de fêtard, même si ce dernier à un mental d'acier trempé. Si t'as pas la pompe et les jambes, ben… mais bravo Marc, je m'incline bien bas !
Freitag: The Tour.El Turo de l' Homé
185 kilomètres écrit en toutes lettres siouplait !
Moi chui monstre jouasse car les deux dernières années j'avais fait comme grand tour, le San Hillary. Et comme en ce vendredi le temps était à l'orage c'était mieux pas de faire le San Hillary, parce qu'on fait pas le San Hillary quand y tonne ! C'est un truc à prendre une veste (de pluie de préférence). Hé! Ben non, non et non celle là, si tu l'a pas comprite, c'est qu'tes pas haBill, ben ch' t'l'esplique pas ! Na ! Mais moi elle me fait marrer un max: Hillary quand y tonne ! C'est pas un cerveau que j'ai, c'est un presse purée avec réducteur de 12 à rupteur intégré, échangeur air/air et vis platinée à chanfrein de 8 sur courroie crantée, le tout orné d'un tableau de bord en ronce de noyé et levier de vitesses au volant.
Un beau tour mais assez dur avec deux montées successives de 15 kils et une arrivée dans le brouillard pour prendre la pause. Autant dire qu'on s'éternise pas. Le retour est un peu longuet avec plus de 35 kils le long de la mer, elle-même bordée d'immondes constructions destinées à accueillir le baigneur, vacancier de son état au corps adipeux enduit de crème solaire, la bière à la main et dont la femelle s'fait pèter les point noirs su'l buste rebondit par trop étriqué (et triqué aussi) dans un soutif 75 B alors qu'ça fait un paire d'années qu'elle a passé avec mention le 95 D (ne te méprends pas son bas a passé dans le même temps du 38 au 46). Tout ça alors que leurs 3 moutards s'bavent une glace sur l' dernier T-shirt propre des vacances.
Au retour mes 3 compères m'abandonnent lâchement, dans mon délire d'arrondir à 200 les 185 kilomètres déjà parcourus, mais moi aussi je sais y aller à la tête de cochon, et je-les-fait 200, due cento, zwo hundert, two hundred, Abe cothn, dos cientos ! Bravo Nico (Note de la rédaction: nous nous joignons aux milliers de messages de félicitations reçus par l'auteur et saluons l'exploit empreint de respect et de force de caractère, d'intégrité et d'humilité)
Après ces 200 kils, douche, jacuzzi et je rejoints au patio mes amis et les deux spécialistes de la foulée féline qui viennent elles de se taper 26 bornes de course à pied. Chapeau bas les filles, non contentes de vous faire le San Grau au pas de course et les heures de technique de course durant la semaine, vous vous enquillés plus d'un semi marathon pour le dessert.
On se remémore les bons moments de la semaine autour d'un verre de Rioja avant de passer à table. Table qui est, va sans dire, toujours aussi exceptionnelle de variété et de qualité. Samedi on lâche la petite reine, et on se fait un trek dans la jungle du bord de mer le long des falaises qui mènent à Tossa, on a bien cherché, mais pas trouvé de crâne de cristal. Pour ma part c'est dans la forêt au plus mauvais moment que je reconnais mes amis: c'est celui qui a un rouleau de pq dans son sac et qui dit: j'savais bien que ça allait t'arriver, alors j'l'ai ramassé !
Notre Luccio climber nous hisse sur un rocher de 60 mètres surplombant la mer, là t'as pas besoin de chanter Ramucho, tu vois tout de suite ceux qui sont à l'aise avec le vide (Luc et Fabrice) et ceux dont 34 cm2 de paroi lisse font perler la sueur sur les plaques de chocolat 75% cacao grand cru qui leur font office d'abdominaux, ça donne un côté aventurier solitaire au grand cœur, mais le flageolement du molet traduit indubitablement une couardise crasse. (Hé! ho! lecteur assidu, t'as vu un peu la richesse du vocabulaire, quand est-ce que j'm'y mets ?). Tossa 3-4 tapas en guise de repas, casquette pour les tétards et cartes postales pour les plus amoureux (m'font rire la Hentsch connection, s'la jouent rictus d'la mort qui tue dans l'effort, théorie du maintient de la ceinture abdominale, mais sont tout marshmallows quant y gribouillent un grand cœur sur la carte postale d'leur ch'tite.) Et rien pour les plus vieux chnock de mon genre, pas une carte postale, pas une casquette du Barça, pas un set de savon artisanal, rien de rien ! vieux pingre aigri va !
L'heure du départ approche, la mélancolie nous gagne. A peine les bagages chargés, et les derniers "tschüss tzamme" prononcés, que le car démarre. C'est assit au bar du car que l'on voit la Olà que font les gentils organisateurs et c'est la larme au coin de l'œil que l'on chuchotte un très suisse allemand:
"Bye bye Giverola !"
NicoLarustine
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Commentaires
Là mon Nico, T'a fait fort! J'ai pas l'décodeur mais j'crois avoir tout compris...Grand moment d'écriture...et de lecture surtout C'est déjà fort d'avoir résumé nos 8 jours sur 10 pages mais de cette manière, c'est top!!. Je vais m'empresser de le faire lire à Jo qui va te commenter tout cela... A tout bientôt et merci pour cet instant de pur poésie ...
Ecrit par : Fab' | 15.06.2008
Merci pour ce billet, je reviendrai régulièrement vous lire. Vous avez une très belle plume, bravo !
Ecrit par : cote | 06.04.2010
Superbe article, merci à vous pour l'astuce et notez dans un 1er temps que je partage entièrement ce point de vue. Permettez-moi d'insister, votre travail est bon, je viens d'ailleurs de twitter ce articlesi jamais ça peut vous aider. NB : Vous avez une très belle plume, chapeau bas !
Ecrit par : cigarette electronique edsylver | 27.04.2010
Oh I love all of these! Especially because they are so simple and beautiful yet have a cool edge. And I love the idea of adding a studded accessory to a feminine outfit- I think I will try that soon!
Ecrit par : ugg shoes | 21.10.2010
Rachat de bijoux en or à Bruxelles. Cours de l'or 18 carats.
Ecrit par : acheter de l'or en suisse | 26.11.2011
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